mercredi 13 février 2008

Nous donner les moyens d'exploiter notre savoir-faire

Le pharmacien, étant le professionnel de santé le plus apte à prévenir la iatrogénie médicamenteuse, devra également avoir un accès élargit au Dossier Médical Personnel afin de garantir l’efficacité de la prescription. Nous devrons certes pouvoir consulter l’historique complet de la dispensation médicamenteuse (prescriptions médicales et automédication), les allergies et intolérances et les résultats biologiques, mais il me semble indispensable que le pharmacien ait accès aux antécédents personnels médicaux et chirurgicaux des patients et à un compte rendu détaillé des pathologies en cours, permettant ainsi une approche personnalisée du patient et garantissant une sécurité maximum. Enfin, l’intégration de l’opinion pharmaceutique au sein DMP permettrait d’optimiser cet outil en en faisant un véritable support d’échange d’informations et de compétences.
De plus, devant s’assurer du bon usage du médicament, je requiers le droit de prescription pour les analyses biologiques de suivi par le pharmacien. Donner la possibilité au pharmacien de prescrire ou une kaliémie, ou une clairance de la créatinine, ou un INR, ou une digoxinémie, permettrait de diminuer la iatrogénie médicamenteuse, source par an de 335M euros de dépenses, de 128000 hospitalisations et de 3600 décès; et on estime à 20% la part des accidents évitables. Il en découle nécessairement que le pharmacien ait la possibilité d’ajuster la posologie, et ce dans un cadre défini de médicaments et de situations.

2 commentaires:

Alex a dit…

En ces temps de valorisation et de protection des données personnelles, vous ouvrez ni plus ni moins les fichiers médicaux des patients à l'ensemble du corps des pharmacien... Il y a de quoi douter de la faisabilité, voire de la pertinence, d'une telle initiative.

Jean-Didier a dit…

j'aimerais donc juste souligner l'incohérence dans vos propos: "vous ouvrez ni plus ni moins les fichiers médicaux des patients à l'ensemble du corps des pharmacien". Les pharmaciens sont soumis au même secret professionnel que les médecins, et punis de la même manière. Je pense que le sens de votre question est autre: ouvrir le secret des fichiers pharmaceutiques aux industries.
Le dossier pharmaceutqiue est venu après l'échec du DMP. Mais il était question dans le cadre du DMP que les pharmacien aient accès à l'historique médicamenteux. Notre profession vacillant quelque peu ces derniers temps, l'ordre a pris l'initiative de lancer le DP. Ce qui choque, c'est que nous soyons des commerçants qui allons mettre en commun les historiques médicamenteux. A ceci, je réponds que l'ordre, qui est la garant du DP, est une cour de justice (discipline plus précisément)... après EDVIGE, vous me direz... soit, le DP a été examiné par le CNIL qui n'y est pas opposée, mais elle demande de prouver l'intérêt pour le patient d'un tel dispositif (chose non demandée pour le DMP, au passage). La cour des comptes a examiné les financements: l'ordre (donc nos cotisations, pour avoir le droit de travailler, au passage) et l'assurance maladie. Donc une institution disciplinaire et la sécu, qui a déjà vos ordonnances archivées puisque nous sommes tenus de les lui transmettre. Maintenant, nous sommes des commerçants! Et c'est çà qui bloque, d'autant qu'on l'a fait dans notre coin.
Vous me direz: mais rien ne vous empêche de transmettre les données aux industries. Outre le fait que c'est illégal, mais bon il y a toujours des cons partout, je vous répondrais que malheureusement les industries en ont un peu rien à foutre. Pourquoi? Prace que vous n'êtes pas leur coeur de cible pour le médicaments sur ordo: cest le médecin. Et ils peuvent déjà vérifier l'impact de leur viste médicale... par nos commandes. Quand un visiteur médical passe chez un médecin , il vient nous présenter le produit tout de suite après, insiste comme quoi le medecin X a beaucoup apprécié et curieusement on reçoit un coup de téléphone 6 semaines plus tard pour une offre de commande en direct avec de super conditions pour le produit présenté (qui est sur ordo... donc qui n'est vendu que si le médecin l'a prescrit). Donc les industries scrutents déjà le marché (quand ils ne font pas des études marketing avec des médecins généralistes -c'est le job d'un copain)et on un nouvel outil: la surveillance des blogs de médecins. Il a été reamrqué que les médecins qui tenaient un blog étaitent ceus qui sont le moins receptif à la visite médicale et qu'il décrive (inconsciemment) les raisons qu'ils ont pour ne pas prescrire tel ou tel médicament, ce qui aide les équipes de maketing à developper les stratégies de contournements de ces fameuses "barriers"
Enfin, pour en revenir au DP, oui je pense qu'il va m'être utile car je pourrais avoir l'historique médicamenteux du patient et donc mieux vérifier les interactions (car même si on pose la question ,il est dur d'avoir le nom des médicaments... on a souvent la couleur!), tout ne vous garantissant la sécurité de vos données (mieux qu'aujourd'hui d'ailleurs car beaucoup de pharmacies n'ont pas de pare feu- là il est obligatoire te testé régulièrement). Je regrette juste que ce ne soit pas le DMP.
Pour finir, vous avez le droit de refuser l'ouverture d'un DP, de le fermer, de cacher une ligne, de cacher une ordonnance, d'empêcher un pharmacien d'y avoir accès tout en l'autorisant dà y verser les données.
Pour la pertinence, il n'y a que l'usage mais 3,19% des hospitalisations sont dues à des effets indésirables, dont 29,9% liés à une interaction et dans 48% des cas jugé évitable (http://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr-pv-080301.pdf)... il ya donc, pour moi, du potentiel.
Juste pour finir, on prête serment... et pas envers les industries. Nous sommes donc responsables.