mercredi 13 février 2008

Reconnaissance de la pratique actuelle

Non sans rappeler l’histoire commune des barbiers et des chirurgiens, les pharmaciens doivent, quant à eux, se défaire du poids historique de la corporation des épiciers apothicaires. Parce que « les hommes guérissent souvent sans médecins, mais non sans remèdes !..» nous devons réfléchir la prochaine mutation de notre profession. De spécialiste de la préparation des médicaments, puis de la délivrance des ordonnances, le pharmacien doit intégrer à l’acte de dispensation une pratique de partenariat avec les autres acteurs de santé, centrée sur le patient.

Alors que des laboratoires d’idées émettent des propositions sur les futurs rôles et missions du pharmacien, il me semble important que la préparation de l’officine de demain passe par la reconnaissance de la pratique actuelle.
Le pharmacien étant trop souvent perçu comme un commerçant et non comme un professionnel de santé à part entière, avec des connaissances propres, je souhaite que la validation pharmacologique de l’ordonnance par le pharmacien soit formalisée. C’est pourquoi je revendique la double signature des ordonnances par le médecin prescripteur et par le pharmacien dispensateur. Dès lors, une ordonnance ne pourra être dispensée sans avoir été lue et approuvée par un pharmacien.
De plus, dans la même optique de reconnaissance de nos compétences, l’émission d’opinions pharmaceutiques, sur le modèle québécois, doit être non encouragée mais obligatoire. Permettant l’expression d’un avis quant à la pertinence pharmaceutique d’une prescription médicale, l’opinion pharmaceutique invite à la révision de l’ordonnance et permet ainsi une amélioration de la qualité des soins apportés de même qu’une diminution du coût de la santé. Elle présente également un intérêt juridique puisqu’elle officialise et justifie le refus ou la modification d’office d’une prescription médicale.

2 commentaires:

Alex a dit…

Certes, mais si la reconnaissance des compétences du pharmacien passe par l'accroissement de ses droits comme vous le suggérez, cet accroissement des droits va nécessairement s'accompagner d'un accroissement des devoirs.

Or, si c'est le pharmacien qui tient le rôle de dernier "vérificateur" de la prescription médicale, il doit s'attendre à de très probables "retours de bâton". Les patients pourraient par exemple porter plainte contre lui en cas de défaillances, et du même coup le médecin se prémunit de toute poursuite en se réfugiant derrière l'ultime vérification effectuée par le pharmacien.

En conclusion, la validation de l'ordonnance par le pharmacien fragilise sa situation pénale tout en dédouanant le médecin de ses responsabilités.

Jean-Didier a dit…

L'accroissement du rôle du pharmacien ne modifiera pas tant que çà nos responsabilité juridique et ce pour au moins deux raisons. Tou d'abord, concernant la vérification de l'ordonnance, le pharmacien est déjà responsable in solidum avec le médecin ce qui se traduit en jursiprudence par des responsabilités 50/50 en cas d'accidents liés à la thérapeutique. Pour le moment nous sommes relativement épargnés du fait que la France n'est pas procédurière et par notre image de sous fifre: les patients préfère attaqué le médecin... mais c'est sans compté sur le sjuges ou les avocats.
Deuxièmement, ni le médecin ni le pharmacien ne peuvent actuellement être attaqué quant à la stratégie thérapeutique puisqu'il n'existe pas de référentiel opposable en France: le médecin étant libre de vous soigner comme il l'entend, le pharmacien n'a donc pas à s'assurer du respect de tel ou tel référentiel