jeudi 28 février 2008

PROZAC, un petit séisme?: suite

La réaction de l'AFSSaPS ne s'est pas faite attendre. L'agence rappelle le bon usage des antidépresseurs et l'intérêt du soutien psychologique, notamment dans la prise en charge l'épisode dépressif avéré de faible intensité, tout en réaffirmant leur efficacité.

Ouf, nous voilà rassurer, on pourra continuer à être heureux!

France Info s'était d'ailleurs emparé de la nouvelle ce matin et demandait à ses auditeurs ce qu'il pensait de l'efficacité des antidépresseurs. Compte tenu de l'effet placebo très important dans la dépression, je demande bien quel peut être l'intérêt de cette question, sinon être raccoleuse ou se voir répéter ces bonnes vieilles idées reçues: ces malades, ils n'ont qu'à se mettre "un bon coup de pieds au cul" et dégradant encore un peu plus l'estime qu'ils ont pour eux-même. Car, épidémiologiquement parlant la dépression est une maladie de pays industrialisé d'économie libérale! Ce qui montre bien l'importance de l'étiologie sociologique de cette pathologie.

mercredi 27 février 2008

PROZAC: un petit séisme?

Aïe, voilà qui fait mal! Des millions de patient à travers le monde viennent de se reveiller avec un goût étrange dans la bouche: cette nuit la pilule du bonheur et consoeurs se sont vues révéler leur... inefficacité! Ou du moins leur piètre efficacité.
L'étude a été publiée par PLoS-Medecine, et a été reprise Outre-Manche par The Independant. Ainsi, le Pr Kirsch, de l'Université de Hull, a compilé les études antidépresseurs ISRS+venlafaxine versus placebo parues avant leurs autorisations de mise sur le marché. Sa méthodologie semble avoir été vérifiée par la FDA.
Il en ressort que dans les dépressions légères à modérées, il n'y a pas de différences significatives de l'amélioration de l'état clinique des patients entre le groupe placebo et le groupe antidépresseur. Autrement dit, les ISRS et la venlafaxine ne seraient pas plus efficaces que le placebo!
Néanmoins, il convient de souligner que le Pr Kirsch a noté une réponse au placebo pour la dépression bien supérieure aux autres pathologies. En effet, le réponse sous placebo reproduit jusqu'à 80% l'amélioration observée sous antidépresseur (contre 50% dans le traitement de la douleur, par exemple). De plus, pour les dépressions graves, la différence de réponse entre le placebo et les antidépresseurs ne serait pas tant due à une meilleure efficacité des antidépresseurs qu'à une moindre réaction au placebo des patients!
La FDA, l'EMEA et l'AFSSaPS ont toutes jusqu'à présent noté une efficacité de ces antidépresseurs.

Cette études m'amènent plutôt à formuler trois remarques.
Tout d'abord, il est bon de rappeler que l'AFSSaPS recommande de ne pas traiter les épisodes dépressifs légers par un antidépresseurs mais d'encourager à un suivi psychothérapique. On s'attaque donc là au mythe de la pilule du bonheur, qui je suis désolé de vous l'apprendre... n'existe pas! On aborde aussi par la même la mauvaise prescription des antidépresseurs en France.
Ensuite, elle me permet de dénoncer tant la pression médiatique réalisée par les laboratoires pharmaceutiques que l'élargissement croissant des indications de ces produits! Imaginez, nous en sommes venus à pouvoir prendre en charge de manière préventive la dépression!
Enfin, elle me permet d'évoquer l'écrémage réalisé par les laboratoires sur les échantillons statistiques des essais cliniques et sur les questions posées aux patients participants à ces mêmes études lors des entretiens psychologiques afin que les résultats collectés correspondent à leurs attentes!


FDA: Food and Drug Administration, l'organisme de contrôle états-unien des produits de santé
EMEA: European Medicines Agency, l'organisme de contrôle des médicaments pour l'Union Européenne
AFSSaPS: Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Produits de Santé

mardi 26 février 2008

KETEK

Je viens de faire le compte: pour cette période d'hiver, j'ai vu passer trois fois la contre-indication KETEK/statines. Il est vrai que sa gestion n'est pas très compliquée... on suspend le traitement hypocholestéroliémiant pendant la durée du traitement antibiotique plus un jour. Encore faut-il le préciser au patient...
Mais, en fait, je suis surtout stupéfait par la grande habileté des visiteurs médicaux pour vendre ce médicament... car on ne devrait quasiment jamais voir le KETEK prescrit compte tenu de sa restriction d'indication dans les cas de résistance aux bêta-lactamines et aux macrolides, que ce soit dans le cadre d'une bronchite, d'une sinusite, d'une pharyngite ou d'une angine à Streptocoque A Bêta-hémolytique! Il faut bien entendu rapprocher çà au plan de gestion des risques de cet antibiotique ayant des effets secondaires qui sont loin d'être anodins et collectionnant les interactions médicamenteuses!

Information importante relative a la restriction des indications, la nouvelle contre-indication et la sécurité d’emploi de Ketek
Bulletin de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé - Lettre des vigilances n°36 - Mai 2007

jeudi 21 février 2008

Champion du cytochrome

Petit cas de comptoir qui montre qu'un pharmacien, quand il exploite ses connaisances, peut être utile!

M. L. vient régulièrement pour faire contrôler sa tension artérielle: il a un traitement antihypertenseur depuis quatre cinq semaines. Pourtant, on continue de lui trouver des valeurs à 17/10 mmHg... On lui conseille de recontacter son médecin traitant pour réévaluer le traitement... mais que nenni!
Je lui prends sa tension: 21/11 mmHg! Bon, là on arrête tout! Cà va pas du tout, il faut absolument qu'il consulte! Il est d'accord pour qu'on appelle le médecin immédiatement afin qu'il puisse le recevoir dans les plus brefs délais. Le rendez-vous est pris pour demain matin première heure!
Entre temps, mon sens pharmacologique me travaille et je m'aperçois que le losartan (COZAAR, traitement de base pour l'hypertension) n'est pas actif en lui même mais doit être métabolisé par le cytochrome P450 2D6 pour être actif! Oui et alors me direz-vous! Alors 1% de la population caucasienne est "défisciente" en cytochrome P450 2D6 (on les appelle les "métaboliseurs lents") et en plus M. L. est traité par clodipogrel (PLAVIX) qui est connu pour être un inhibiteur du cytochrome P450 2D6 (il l'empêche de fonctionner)!
Trop content de ma trouvaille, je faxe au médecin l'analyse pharmacologique des traitements de M. L. Intrigué, celui-ci me rappelle illico! Je lui explique que çà ne concerne que le losartan, qu'il peut le supprimer mais que si il souhaite continuer à traiter son patient, pour des raisons pratiques, par un autre sartan, il le peux! Le médecin ne semble pas convaincu... mais bon il ne m'a pas rit au nez... c'est déjà pas mal!
Le lendemain, M. L. vient chercher son nouveau médicament: un sartan! Le médecin, bien que peu convaincu a décidé de me faire confiance! Je croise les doigts!
Les relevés suivants indiquent une baisse de l'hypertension... le médecin ajoutera néanmoins par la suite un diurétique pour finir de la faire chuter! Mais mon analyse semblait juste!


Tout çà pour vous dire que les pharmaciens n'ont pas à avoir honte d'être pharmacien! Nous avons nos propres connaissances sur le médicament! Et si nous les utilisons, en travaillant mains dans la mains avec les prescripteurs, nous améliorerons l'état de santé de nos patient en maîtrisant les dépenses de santé! Car dans ce cas précis, le médecin comptait ne pas arrêté le losartan mais aurait ajouter un nouveau médicament... c'est l'effet millefeuille dont sont victimes beaucoup de nos patients.

vendredi 15 février 2008

Une Contre-Indication contre un procès

Hier soir, 18h50, une dame de 70 ans, manteau de fourrure et coupe à la Bernadette Chirac, me tend une ordonnance pour de l'Atarax et du zolpidem, me précisant qu'elle ne souhaitait que l'Atarax. L'ordonnance est pour son époux. Je consulte l'historique médicamenteux et m'aperçois que cet homme est traité pour une hypertrophie bénigne de la prostate.

- Excusez moi madame mais votre mari semble être traité pour une hypertrophie bénigne de la prostate. Or l'Atarax est contre-indIqué dans cette pathologie à cause du risque de rétention urinaire.
- nous sommes pharmaciens!
- moi aussi
- oui mais nous, on a l'expérience!

Là-dessus, je sors l'Atarax mais je rédige sur l'ordonnance la mention expliquant la contre-indication et le fait que je la délivre (c'est illégal de délivrer une contre-indication) sur l'insistance de la femme du patient.

- et si vous êtes vraiment pharmacien, vous devriez porter votre caducée! (autant pour moi)

Ne pouvant contacter le médecin, je lui envoi un fax mentionnant la contre-indication.

Ce matin, qui vois-je débarquer? Monsieur! Excusez-moi Mme X (la titulaire de l'officine) je viens vous informer que je vais porter plainte contre votre assistant! La suite de la discussion se passe dans le bureau, je n'entend que quelques bribes de conversations... Dans mon malheur, ce monsieur n'est autre que l'ancien pharmacien inspecteur régional! Son reproche? Le gribouilli (légal) sur l'ordonnance et le fait que j'ai appellé son ami médecin "ayant l'âge d'être [mon] père" "cher confrère" et que j'ai terminé mon fax par un "Cordialement" et non par "Veuillez agréer cher docteur l'expression de ma haute considération".
La-dessus ma patronne prend ma défense et lui évoque au passage un conflit d'intérêt vieux de 35 ans et tranché par le Président de l'Ordre de l'époque en sa faveur. En effet ce monsieur s'était opposé, en tant qu'inspecteur, à la création de sa pharmacie car elle allait concurrencer directement... celle de sa femme. Il repartira vexé (comme il était venu d'ailleurs) mais ne voulant plus porter plainte contre moi! (ouf!)
On m'a demandé d'être plus diplomatique à l'avenir!


Et dire qu'on veut être considéré comme professionnels de santé!

mercredi 13 février 2008

Le pharmacien comme éducateur en santé?

Le pharmacien de demain doit aussi être pensé comme un éducateur en santé. En effet, de part son implantation géographique, sa facilité d’accès et sa formation médicale, le pharmacien est à même de relayer les messages de prévention et d’éducation à la santé ainsi que de mener des activités de dépistage quant à l’hypertension, l’hypercholestérolémie ou le diabète, orientant au besoin vers un médecin. De plus, le pharmacien de demain doit être pensé comme un éducateur en thérapeutique, puisqu’il doit s’assurer de l’adhésion du patient à son traitement. Ainsi, accompagnant le patient chronique dans sa maladie, le pharmacien doit alors éclaircir la pathologie, expliquer son traitement, comprendre les conditions de vie du patient, motiver son adhésion au traitement, évaluer son observance. Enfin, partant du principe qu’il est préférable que ce ne soit pas la même personne qui prenne une décision et qui en évalue les effets en vue de son éventuelle reconduction, le pharmacien de demain doit être pensé comme un réévaluateur des traitements. En effet, en quoi serait-ce impossible pour un pharmacien d’évaluer le ratio bénéfice risque d’un traitement et d’émettre un avis quant à son renouvellement ? Dès lors, pourquoi ne pas envisager le pharmacien comme un coprescripteur en ouvrant le droit de substitution à la substitution au sein de la même classe pharmaceutique après évaluation des possibles interactions médicamenteuses avec les traitements en cours, effets indésirables ressentis ou difficultés de plans de prise ? Toutes ces activités prennent corps au sein de la consultation pharmaceutique qui devra être prise en charge par l’Assurance Maladie. Indispensable à l’initiation d’un traitement pour une maladie chronique, il me semble également essentiel de la renouveler tous les ans afin d’accompagner l’évolution de comportement du patient, de réévaluer le traitement et de simplifier les ordonnances au besoin. Je propose également que des consultations pharmaceutiques à domicile puissent être prescrites par le médecin à tout patient rencontrant des difficultés avec son traitement. En effet, nous ne pouvons avoir une analyse fiable de la situation d’un patient qu’en observant la place de l’ordonnance et des médicaments dans son privé. Cependant, les entretiens pharmaceutiques nécessitent une certification des pharmaciens qui prendrait en compte et une modification de l’espace publique des officines en intégrant des espaces clos de confidentialité et une obligation de formation continue. De plus, il me parait essentiel que, pour que cette activité soit bien menée, il faille une modification de nos études en intégrant l’enseignement des sciences humaines.Enfin, afin de favoriser la coordination, la qualité et la continuité des soins, je propose la création de réseaux locaux de soins auxquels participeraient médecins, pharmaciens, infirmiers, assistants sociaux. Il s’agirait d’un partenariat fondé sur la complémentarité des compétences afin d’avoir une synergie d’action sur les patients les plus lourds et /ou les plus en difficulté. Une prise de décisions partagée permettrait la mise en place de plans de prise en charge personnalisés optimisant ainsi l’adhésion des patients à leurs traitements. De part son répartition géographique et son accès régulier et incontournable par le patient, le pharmacien pourrait être le coordinateur de ces réseaux de soins locaux.

Rétribution au service et non commerciale

En prêtant serment, nous jurons d’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, notre profession avec conscience et de respecter non seulement la législation en vigueur, mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du désintéressement. C’est pourquoi nous devons envisager une modification de la structure de soins.
Tout d’abord, il me semble indispensable de modifier le mode de rémunération des pharmacien. Celui-ci ne tient compte que de la simple délivrance du médicament en omettant et la responsabilité engagée, et le temps passé ou la difficulté de la dispensation. Une rétribution de l’acte pharmaceutique permettrait une valorisation du travail de conseil et de suivi effectué au quotidien par le pharmacien. En effet, le pharmacien est rémunéré selon la marge dégressive lissée plus 0,50€ par boîte. Ainsi, il gagne autant à vendre une boîte de paracétamol qu'un traitement anticoagulant alors que la travail d'éducation du patient et la responsabilité en cas d'accident sont tout autre!

Nous donner les moyens d'exploiter notre savoir-faire

Le pharmacien, étant le professionnel de santé le plus apte à prévenir la iatrogénie médicamenteuse, devra également avoir un accès élargit au Dossier Médical Personnel afin de garantir l’efficacité de la prescription. Nous devrons certes pouvoir consulter l’historique complet de la dispensation médicamenteuse (prescriptions médicales et automédication), les allergies et intolérances et les résultats biologiques, mais il me semble indispensable que le pharmacien ait accès aux antécédents personnels médicaux et chirurgicaux des patients et à un compte rendu détaillé des pathologies en cours, permettant ainsi une approche personnalisée du patient et garantissant une sécurité maximum. Enfin, l’intégration de l’opinion pharmaceutique au sein DMP permettrait d’optimiser cet outil en en faisant un véritable support d’échange d’informations et de compétences.
De plus, devant s’assurer du bon usage du médicament, je requiers le droit de prescription pour les analyses biologiques de suivi par le pharmacien. Donner la possibilité au pharmacien de prescrire ou une kaliémie, ou une clairance de la créatinine, ou un INR, ou une digoxinémie, permettrait de diminuer la iatrogénie médicamenteuse, source par an de 335M euros de dépenses, de 128000 hospitalisations et de 3600 décès; et on estime à 20% la part des accidents évitables. Il en découle nécessairement que le pharmacien ait la possibilité d’ajuster la posologie, et ce dans un cadre défini de médicaments et de situations.

Reconnaissance de la pratique actuelle

Non sans rappeler l’histoire commune des barbiers et des chirurgiens, les pharmaciens doivent, quant à eux, se défaire du poids historique de la corporation des épiciers apothicaires. Parce que « les hommes guérissent souvent sans médecins, mais non sans remèdes !..» nous devons réfléchir la prochaine mutation de notre profession. De spécialiste de la préparation des médicaments, puis de la délivrance des ordonnances, le pharmacien doit intégrer à l’acte de dispensation une pratique de partenariat avec les autres acteurs de santé, centrée sur le patient.

Alors que des laboratoires d’idées émettent des propositions sur les futurs rôles et missions du pharmacien, il me semble important que la préparation de l’officine de demain passe par la reconnaissance de la pratique actuelle.
Le pharmacien étant trop souvent perçu comme un commerçant et non comme un professionnel de santé à part entière, avec des connaissances propres, je souhaite que la validation pharmacologique de l’ordonnance par le pharmacien soit formalisée. C’est pourquoi je revendique la double signature des ordonnances par le médecin prescripteur et par le pharmacien dispensateur. Dès lors, une ordonnance ne pourra être dispensée sans avoir été lue et approuvée par un pharmacien.
De plus, dans la même optique de reconnaissance de nos compétences, l’émission d’opinions pharmaceutiques, sur le modèle québécois, doit être non encouragée mais obligatoire. Permettant l’expression d’un avis quant à la pertinence pharmaceutique d’une prescription médicale, l’opinion pharmaceutique invite à la révision de l’ordonnance et permet ainsi une amélioration de la qualité des soins apportés de même qu’une diminution du coût de la santé. Elle présente également un intérêt juridique puisqu’elle officialise et justifie le refus ou la modification d’office d’une prescription médicale.

Rapport Attali et Pharmacie: Décision fondamentale 14

Décision fondamentale 14
-ouvrir très largement les professions réglementées à la concurrence sans nuire à la qualité des services rendus
compte rendu de la diversité des professions réglementées, la réforme doit en ce domaine être guidée par neuf objectifs principaux qu’il conviendra d’appliquer à chaque situation particulière ;
1.Transposer et mettre en œuvre sans délai la directive « services » pour toutes les professions relevant de son champ ;
C'est le Projet de directive Bolkestein! Ca vous rappelle quelque chose?

2.Abroger toutes réglementation concernant toute activité où l’intérêt des consommateurs ne le justifie plus ;
Il est vrai que la qualité des soins est moins importante que la croissance! Et j'en profite pour signaler que la déreglementation récente du PNEUMOREL a fait passer son prix d'achat pour les pharmaciens de 0,88€ à 3,25€ chez le grossiste! Que des intérêts en effet... mais pas pour le patient!

3.Lever le numerus clausus dans les professions à accès aujourd’hui limité, chaque fois qu’une solution alternative est disponible pour garantir l’intérêt du consommateur ;
Donc çà veut dire que le pharmacien est une caissière de supermarché! Ok, alors il faudra m'expliquer pourquoi de la conception à la dispensation du médicament, chaque étape est contrôler par un pharmacien!

4.Maintenir les réglementations et les dispositifs de contrôle de la compétence des professionnels et de surveillance de leurs activités, nécessaires pour garantir la qualité du service au consommateur ;
Pas fou le gars! Si toutes les caissières de France et de Navarre se mettent à donner du DONORMYL aux prostatiques! Il va falloir agrandir les hosto!

5.Ouvrir les ordres professionnels à la société civile et adapter la tutelle de l’Etat, dans les secteurs où elle se justifie encore, à la diversité des intérêts publics en cause ;
Je rappelle au passage que ces ordres sont des cours de justice: privatiserait-on la justice?

6. Remplacer les barrières à l’entrée par des mécanismes incitatifs positifs pour satisfaire les objectifs d’aménagement du territoire ;
Je ne vois pas en quoi les mécanismes incitatifs positifs sont nécessaires puisque les pharmaciens sont harmonieusement répartis sur le territoire!

7.Reconnaître la composante professionnelle des diplômes et garantir la transparence des mécanismes de Validation des Acquis de l’Expérience pour élargir l’accès à certaines professions ;
Parce qu'une thèse doctorale n'est pas suffisante en terme de transparence?

8.Dissocier la propriété du capital des entreprises actives dans les secteurs réglementées et leur exploitation ;
C'est ce qui garanti encore le miminum d'éthique qu'il reste dans les professions de santé aujourd'hui (étant donné les sommes brassées) c'est justement l'association du capital à l'exploitation. Aujourd'hui un patron d'officine est responsable d'une erreur de l'un de ses subordonnés. M. Attali pense-t-il proposer cette responsabilité à M. E. Leclerc?

9.Adapter les réformes nécessaires aux spécificités des professions financées principalement par la Sécurité sociale et des professions délégataires d’une mission de service public.
(…)les professions concernées sont (…)les pharmaciens

Ambition 5
-ouvrir très largement les professions réglementées à la concurrence sans nuire à la qualités des services rendus.
Cà! C'est fort! Mais c'est bien connu! Plus c'est gros plus çà passe! Carrefour aime le chiffre, pas la qualité!

Toutes les décisions devront être lancées entre avril 2008 et juin 2009

Rapport Attali: discours de N. Sarkozy sur les pharmacies

J'aimerais tout d'abord corriger l'amalgame implicite du Président de la République entre parapharmacie et médicaments. N. Sarkozy a émis le souhait de voir la parapharmacie en grande surface. Notre cher Président n'a pas dû faire les courses depuis un bon moment car la parapharmacie n'a jamais été sous monopole pharmaceutique et se trouve déjà dans les grandes surfaces. Il voulait vraisemblablement parler du médicament disponible sans ordonnance, c'est à dire l'ibuprofène (contre-indiqué chez la femme enceinte par exemple), le VOGALYB (qui appartient à la famille des neuroleptiques), le paracétamol (ce dernier est disponible librement en Grande Bretagne et est responsable de 60% des hépatites aigues médicamenteuses contre 20% en France... France qui avait d'ailleurs modifié la quantité de paracétamol par boite en 1976 puis 1982 suite au nombre trop important de décés et de transplantations hépatiques suite à des ingestions massives).
Enfin, je suis toujours très heureux de constater que mes gouvernants ne voient en moi qu'une dame de compagnie pour mamie en mal de relations sociales et non pas comme un professionnel de santé titulaire d'un doctorat, qui a étudié le médicament sous toutes ses formes (des mécanismes d'actions au suivi thérapeutique) pendant six années! M. Douste-Blazy nous avait déjà fait le coup lorsqu'il était le Ministre de la Santé de JP Raffarin.

Rapport Attali et Pharmacie: Décisions 279 et 280

Décision 279
-autoriser les assureurs de complémentaire santé, à diffuser une information tarifaire nominative des professionnels de santé en utilisant l’information des bases de données dont elle disposent. Lever les restrictions sur la publicité des médicaments à prescription facultative (PMF), comme le prévoit la directive européenne 2004/27/CE.
Je suis hilare devant cette mesure. Il faut savoir que nos bulletins ordinaux (qu'on soit médecins ou pharmaciens) sont pleins de décisions de justices condamnant des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, infirmières et kiné) s'étant adonné à la diffusion d'informations tarifaires nominatives. Et lever les restrictions sur la publicité, c'est accepter et inciter la polymédication. Et en plus, cette décision contre-dit la décision 212!

Décision 280
-Libéraliser les prix des médicaments PMF et obliger les officinaux et pharmacies à un affichage clair et lisible des médicaments proposées au public.
C'est déjà fait coco, il faudrait peut être que tu te renseignes mon cher Attali!

Rapport Attali et Pharmacie: Décision 212

Décision 212
-supprimer le numerus clausus, en créant un mécanisme incitatif pour que la carte des officines dans les territoires enclavés puisse satisfaire les impératifs de santé publique.
Je trouve légèrement abuser de vouloir supprimer un caurum que le gouvernement souhaite copier au profit des médecins en raison de son efficacité sur la répartition homogène de l'offre de soins sur le territoire!

-limiter le monopole pharmaceutique aux seuls médicaments prescrits sur ordonnance, sur le modèle italien, sans autoriser la publicité pour les produits non soumis à prescription. Cette mesure permettrait de baisser le prix de ces produits de 5% à 15% environ, selon une étude de l’ OCDE portant sur le Danemark.
Il est vrai que l'industrie pharmaceutique tend à vouloir nous faire croire actuellement (débat France Info du jeudi 17 janvier 2008 sur l'automédication en libre service) que les médicaments sans ordonnance sont inoffensifs. Donc si je comprends bien ces même industriels et M. Attali, j'aurais pu [ou une caissière Mammouth] vendre hier du DONORMYL à un homme souffrant d'une hypertrophie bénigne de la prostate (contre-indication absolue pour risque de globe urinaire entrainant une hospitalisation d'urgence pour sondage vésical) ou vendre du VOGALIB à un Parkinsonien (inactivation immédiate de son traitement antiparkinsonien car il s'agit d'un neuroleptique caché... eh oui, vous avez bien lu, un neuroleptique qui ne serait plus sous contrôle médical)! Ceci pose sans doute la question de la perception de la société sur les compétences du docteur en pharmacie qui a fait entre 6 à 9 ans d'études.

-permettre à des tiers d’investir dans le capital des officines aux côté de pharmaciens sans restriction, à la seule condition qu’un pharmacien tienne toujours la pharmacie
Quitte à passer pour un gauchot de base, autoriser Leclerc, Carrefour et autres Auchan ou même les grossistes répartiteurs (CERP, Alliance, OCP, Phoenix etc) à entrer dans le capital d'une officine, c'est accentuer la pression financière obligeant les salariés des pharmacies d'officine à faire du chiffre. Car, contrairement à la rumeur populaire, les pharmacies de quartiers et de campagnes sont relativement bien protéger quant au "faut absoluement vendre trois boites par clients"... contrairement aux grosses structures des centres commerciaux... par exemple.