lundi 28 avril 2008

"T'as encore fait une bourde!"

Une idée me trottait dans la tête depuis que je suis arrivé dans ma nouvelle pharmacie… les initier à l’assurance qualité !

Me voilà donc parti la fleur au bout du fusil leur annonçant la mise en place d’un nouvel outil : Le Cahier ! Ce petit cahier d’écolier aura la lourde tâche de recenser toutes les erreurs de dispensation de la pharmacie : dispensation de la mauvaise spécialité (médicament), du mauvais dosage, erreur de substitution pour un générique, erreur dans le nombre de boîte délivrées au patient, interactions ou erreurs de posologies non signalés.

Levée de bouclier immédiate ! Eh oui, j’allais faire du flicage ! Erreur d’appréciation de mes collègues : deux petites notions ont permis de faire de moi un "bon" pharmacien ; savoir dire « je ne sais pas » et « je me suis trompé » (cher Dr Charpiat je vous en remercie énormément).

Le but est de détecter les récurrences, d’identifier la cause de l’erreur récurrente (méconnaissance des dosages existants, des génériques, erreur de rangement, etc) et de définir la stratégie pour la corriger ; tout simplement !

Eh ben, c’est pô gagner !
La culture de la gestion de l’erreur est dure à inculquer en France où nous sommes conditionné dès l’école à être sanctionné en cas d’erreur ; l’adage suivant lequel on apprend tous de nos erreurs n’est pas si évident que çà…

mercredi 23 avril 2008

4,6% de boites de médicaments dispensées depuis le 1er janvier

Selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques français, on observe une diminution du nombre de boites de médicaments dispensées. Cette diminition s'explique et par les franchises médicales et par les dérembouresements succéssifs.

Un responsable syndical fut interviewé ce mation sur France Info; il demandait un révision de la marge rémunérant les pharmaciens d'officines.

Non, non et non! Cessons aves ces batailles mercantiles d'arrière-garde! Demandons une modification de notre mode de rémunaration! Ayons une rémunération forfaitaire à l'ordonnance, qui prenne en compte la difficulté de la dispensation. La rémunération doit tenir compte de l'analyse pharmacologique et de l'éducation thérapeutique du patient!

Il s'agit de la seule manière qui puisse nous permettre d'affirmer notre statut de profession libérale de santé sur notre statut de commerçant; et ainsi de revaloriser l'image de notre profession!

vendredi 18 avril 2008

Cà va saigner !

«- Bonjour monsieur, je voudrais de l’hémoglobine s’il vous plait.
- Ah non, madame, çà pour le coup, c’est chez M. Leclerc, rayon boucherie !»


Parce que çà fait toujours du bien de rire aux éclats…

ps : elle désirait de l’éosine…

mercredi 16 avril 2008

Les 764 fois où le pharmacien est visible

Aujourd’hui encore une personne, souhaitant faire une petite plaisanterie, s’est gentiment proposée de me remplacer.

Et oui ! Un pharmacien, c’est un épicier tout juste bon à sortir la bonne boite, au bon nombre.

Voici une étude qui fut présentée au Symposium Médical des Erreurs Médicamenteuses du 1er avril 2008. (1)
Elle porte sur 84 pharmacies lyonnaises et couvre une période de 3 mois. Durant cette période, les pharmaciens ont contacté les prescripteurs :
- 334 fois pour une interaction médicamenteuse
- 368 fois pour une confirmation de posologie
- 32 fois pour une erreur de prescription (le médicament prescrit n’était pas le bon ; par exemple CELEBREX -anti-inflammatoire- à la place de CELECTOL -antihypertenseur-)
- 30 fois pour déclarer un effet indésirable nécessitant une consultation médicale
Soit 764 appels.

Le rôle du pharmacien est peu visible : nous effectuons la démarche intellectuelle de vérification de l’ordonnance (administratif, posologies, interactions, vérification de l’historique médicamenteux) en 40 secondes. Il est clairement impossible de valoriser aux yeux du patient ces 40 secondes quand ce dernier vient d’avoir une consultation médicale de 20 minutes ! Cette étude a le mérite de mettre en lumière notre exercice.


(1)Catala O., Prunet-Spano C., Barrallon S.
Appels téléphoniques des officines vers les prescripteurs
Symposium Médical des Erreurs Médicamenteuses
1er avril 2008

mardi 15 avril 2008

Se soigner en France ne sera jamais un luxe




Annoncée pour dans un mois, la réplique des pharmaciens à la campagne de Leclerc sur les médicaments a été publiée dans la presse plus tôt que prévu.

«Non Mr L. : se soigner en France ne sera jamais un luxe », clament l´Union des syndicats de pharmaciens d´officine (Uspo), l’Union nationale des pharmacies de France, l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France, les groupes Pharmacien Giphar, Plus Pharmacie, PHR et Pharma Référence.

« Oui, vous êtes riche de votre expérience dans la grande distribution. Mais avant de prétendre pouvoir baisser les prix des médicaments que vous n´avez pas, baissez déjà les prix des produits dont vous avez le quasi-monopole », écrivent-ils, en précisant que les prix des 100 premiers médicaments conseil ont augmenté de moins de 1 % en quatre ans, quand en quatre mois, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 7,1 % en moyenne (1).



(1) Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes
Premiers résultats de l'Observatoire des prix
2008

lundi 14 avril 2008

Non au démantèlement de l’Assurance Maladie

Notre système de sécurité sociale ne cesse d’être attaqué : par les professionnels de santé pour se dédouaner, par les politiques pour éviter de prendre leur responsabilité, par les assurés qui refusent de se prendre en mains !

Mme Bachelot s’apprête à privatiser notre système d’assurance maladie solidaire! Il est de bon ton de penser actuellement que seuls les chefs d’entreprise sont aptes à conduire la nation et à nous protéger ! Ne nous y trompons pas, les intérêts des mutuelles ne sont pas notre santé mais leurs profits ! Avec la création de la vignette orange remboursée seulement 15% par l’Assurance Maladie, les mutuelles privées ont augmenté les cotisations de leurs assurés pour certains contrats afin de prendre en charge les 85% non remboursés. Au 1er janvier 2008, la vignette orange a disparu, les cotisations ont-elle diminuées ?

Il existe un système de santé qui repose sur un financement individuel : il s’agit du système américain ! Le trait le plus frappant lorsqu'on s'intéresse au système de santé des États-Unis, c'est l'absence de tout système national obligatoire d'assurance maladie qui conduit près de 43 millions d'Américains, soit 15% environ de la population, à ne disposer d'aucune protection contre la maladie. Les deux tiers des américains de moins de 65 ans sont assurés par le biais de leur employeur. Le financement conjoint de la protection médicale et des retraites par les entreprises sont à l’origine de la crise qui touche actuellement l’industrie automobile américaine : elle doit faire face à un déficit structurel qu’aucun plan de réduction des coût ne peut juguler et qui aboutit au manque de compétitivité des entreprises américaines. En effet les comptes des entreprises se trouvent plombés par l’autofinancement de la protection sociale ; ce qui conduit les deux candidats à l’investiture démocrate à proposer un programme d’assurance santé national.

Arrêtons avec cette pensée comptable de l’Assurance Maladie ! Pensons notre santé comme un investissement !

mercredi 9 avril 2008

Pour la santé publique, les pharmaciens plus efficaces que les grandes surfaces

M. Leclerc insiste sur son expérience dans la diffusion des produits de santé. Sur ce point, il ment effrontément : il évoque les compléments alimentaires. Or les compléments alimentaires ne sont pas soumis à la réglementation pharmaceutique mais à la réglementation agro-alimentaire, réglementation autrement moins contraignante !

Plus grave, en souhaitant attaquer le monopole pharmaceutique, il met en danger le système d’assurance maladie solidaire. En effet, en dénonçant les diverses vagues de déremboursements, il accrédite l’idée de plus en plus répandue de l’inefficacité du système de sécurité sociale à prendre soin de nous. Et se pose comme seul recours possible pour continuer à assurer notre santé !

Et que vous proposent les pharmaciens pour votre santé ? Le Dossier Pharmaceutique ! Conscients de la médicalisation à outrance de notre société, nous avons faits le choix de développer de notre propre chef un outils visant à optimiser la dispensation et des médicaments prescrits par les médecins et des médicaments conseillés. Ainsi, cela nous permet d'assurer au mieux notre rôle de vérification des interactions médicamenteuses et de vous orienter au plus vite vers un médecin, lorsque l'automédication est jugée dangereuse. Car le libre accès aux médicaments conjugué aux moindres remboursements, dus à la gestion comptable et non médicale de l’Assurance Maladie, risque de détériorer l’état de santé global de la population; l'étude publiée par l'IRDES publiée le 8 avril dernier en est un exemple.

mardi 8 avril 2008

Les pharmaciens plus performants que les grandes surfaces

Dans la série "çà ne mange pas de pain", voici la réaction de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine.

Les pharmaciens plus performants que les grandes surfaces.

Marges arrière:
Après l'application de la loi Chatel du 3 janvier 2008, nous pouvons constater deux attitudes complètement opposées:

- dans le circuit pharmaceutique: la suppression des marges arrières se traduit par une baisse des prix des médicaments au premier semestre 2008: 120 millions d'euros sont ainsi économisés et rendus par les pharmaciens en baisse de prix au bénéfices des patients.

- dans la Grande Distribution: le même mécanisme aurait dû se traduire par une baisse du prix du caddie de la ménagère de 15%. Au contraire, les consommateurs voient les prix augmenter. Où est passé l'argent des marges arrière dans les grandes surfaces?

Pouvoir d'achat:
Les prix des 100 premiers médicaments d médication officinale ont augmentés seulement de 1% en 4 ans. Dommage que les grandes surfaces ne soient pas aussi performantes pour défendre le pouvoir d'achat des Français!
Dans une communication qui s'apparente plus à de la diversion, M. Leclerc promet des baisses de prix sur des produits qu'il n'est pas autoriser à distribuer, pour mieux dissimuler les augmentations de prix sur des produits dont il a aujourd'hui quasiment le monopole.

Les pharmaciens se sont engagés:
- A la transparence et à la baisse des prix sur les médicaments conseils
- A mettre en place, avec les Pouvoirs Publics, un Observatoire des prix
- A renforcer le conseil pharmaceutique sur ces médicaments
- A freiner la surconsommation de médicaments


Les pharmaciens proposent l'organisation du parcours de soins de première intention dans l'intérêt de la santé publique et des patients, et une meilleure visibilité sur les prix dans l'espace conseil de la pharmacie.
Les mesures préconisées par la commission Attali, qui suivaient les propositions prônées par M. Leclerc, ont été clairement balayées par le Président de la République.
Nous considérons donc aujourd'hui que M. Leclerc est définitevement disqualifié pour parler de Santé.


Communiqué de presse de l'USPO

Cà ne mange pas de pain

Voici une réponse amateur à Charles Edouard Leclerc:



Cette parodie a pour avantage de bien montrer que l'ouverture du monopole ne profitera qu'à la grande distribution. Néanmoins, je regrette que ce soit sur ce terrain-là que nous nous battons; un terrain où nous ne pourrons que perdre!

Parlons pharmacologie! Parlons pharmacocinétique! Montrons ce que nous savons faire!

samedi 5 avril 2008

Le pharmacien fut incapable de prendre son évolution en main

Hier soir, Michel-Edouard Leclerc diffusa cette publicité...



Je dois avouer qu'elle est très bien faite! Contrairement à toutes ces attaques passées, il ne met plus en cause la compétence du pharmacien. En effet, dans les années 90, monsieur Leclerc avait envoyé quelques huissiers dans les officines fin de montrer au monde notre incompétence; il s'y ait toujours cassé les dents. Cette fois, il dénonce les prix de médicaments déremboursés. Pour prendre l'exemple de la pharmacie où je travaille (pharmacie de quartier), sur l'ensemble des veinotoniques qui furent déremboursés, nous n'avons pû maintenir le prix que pour deux références. Je suis par conséquent bien désolé de constaté qu'il pourra, lui, maintenir le prix de toutes les spécialités.

Je note également une chose: il ne fait référence qu'aux médicaments non listés (sans-ordonnances). En effet, les médicaments sur prescriptions médicales ne l'intéressent guère pour le moment: trop d'emmerdes. Il préfera vraissemblablement investir dans nos officines (quand la loi l'y autorisera) lui permettant ainsi de récupérer les capitaux qu'il n'a pas encore mais sans les inconvénients (la gestion des médicaments rares, les avances faites aux patients, les interactions, et les procès qui se multiplient). Car oui, ne nouos y trompons pas, il veut notre pognon. Une officine moyenne en france, c'est 1 100 000 euros de chiffre d'affaire dont 15% correspondent aux médicaments non listés. Cà fait donc 165 000 euros. Vous multipliez çà 23 400 (le nombre de pharmacies en France). Et vous obtenez 3 861 000 000 euros que les financiers convoitent. Soit, ils le veulent; ils l'auront.

Je n'ai pas envie de tomber dans un combat d'arrière garde. Je regrette juste que les pharmaciens n'ont pas été suffisament intelligents pour prendre en mains l'évolution de leur profession. Car vous verrez, notre métier va considérablement évoluer en se recentrant sur nos compétences... grâce aux financiers. Pourquoi? Parce qu'on ne fera plus de gestion! Qu'est-cequ'ils m'énervent ces pharmaciens qui ne sont capables que de parler des rejets de factures par les mutuelles ou l'Assurance Maladie! Qu'est-ce qu'ils m'énervent ces pharmaciens qui se cachent derrière la Sécu; le pompon fut avec le tiers payant contre génériques!

Le pharmacien prescripteur (bien que ce ne soit pas l'orientation que je souhaite), le pharmacien clinicien et le pharmacien éducateur thérapeutique vont être les trois nouveaux axes de notre profession. Axes que nous avons volontairement délaissés pour nous cacher derrière nos tiroirs-caisses. Axes que nous allons retrouver parce qu'on nous aura pris nos tiroirs-caisses.