vendredi 6 février 2009

Education thérapeutique et Pharmaciens

Aujourd'hui j'ouvre le Moniteur des pharmacies du 31 janvier 2009: un article m'attire l'oeil: "Jamais sans mon pharmacien" avec en sous-titre "Un bel exemple de ce dont un pharmacien est capable en matière "d'éducation thérapeutique"".

Intrigué, curieux, intéressé me voilà plongé dans une revue que j'avoue ne jamais lire. Quelle ne fut pas ma déception lorsque je constatai que ce pharmacien, qui a au demeurant eu une très belle démarche, n'avais pas fait d'éducation thérapeutique mais "seulement" un accompagnement en aidant une personne dépressive à retisser des liens sociaux. C'est d'ailleurs à cet moment-là que je percute que dans le sous-titre, l'expression "éducation thérapeutique" est justement entre guillemets!

Cependant, le titre est là... et confirme un peu ce que je commence à intuiter: l'éducation thérapeutique étant à la mode, on la met à toutes les sauces. Cà c'est une chose. Mais je suis en train de me demander dans quelle mesure elle ne va pas être dénaturée par diverses corporations, dont la mienne, pour reconquérir ou un pouvoir ou une légitimité perdue. Car ce qui me sidère à chaque fois que je parle d'éducation thérapeutique avec un confrère, c'est qu'il n'y voit que la formalisation du Conseil Officinal! Autrement dit, une manière de rémunérer les conseils dont nous sommes si fier de dire qu'ils sont gratuits.

A mon sens, les pharmaciens ne peuvent pas en l'état actuel des choses faire de l'éducation thérapeutique car ne serait-ce qu'en donnant une information, ils peuvent avoir l’image de pousseurs à la consommation. C’est ce qui fait écrire à Deccache: « les pharmaciens sont critiqués en raison de l'enjeu et de l'aspect commercial de leur démarche. Qu'il y ait un enjeu financier, nul n'en doute et il est normal. Ce qui est plus nocif à l'image du pharmacien conseiller est le fait que dans certains cas, cet enjeu supplante celui de la santé des patients ». De plus, il y a le problème de l'amalgame avec l'industrie pharmaceutique qui a une image très défavorable en raison de la course au profit.

Deccache A. Le pharmacien éducateur pour la santé réalité ou illusion? Sciences & Officine. 2002(5):8-11.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

"Bonjour Ou voyez vous un pharmacien? Non, lui...elle....sont des préparateurs en pharmacie dont les études en l'an 2050 devraient se situer au sein CHU , pour l'heure l'officine se contente d'un diplôme plus que maigre en regard de la complexité thérapeutique Le pharmacien? c'est lui, elle, la bas, seul et unique, débordé à faire tourner boutique....rendez vous compte! la parapharmacie, l'automédication, faut pas se louper en gestion"

PARKER

Jean-Didier a dit…

Concernant les études de préparateurs, j'avoue ne pas compris la remarque.

Ensuite vous parlez des pharmaciens au comptoir. J'aimerais savoir ce que vous entendez par pharmacien? Est-ce le type sans blouse? Sans quoi oui je vous le confirme il n'y en a généralement qu'un seul ou deux par pharmacie et ce sont les titulaires (patrons). Mais vous avez des personnes en blouses qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux préparateurs qui sont au comptoir et qui sont les pharmaciens salariés, dont la seule différence visible est leur badge (pas toujours visible, je l'accorde). Dire qu'il n'y a pas de pharmaciens au comptoir, à mon sens, n'est pas vrai. Et je suis près à faire un testing. Après, leur comportement au comptoir, çà c'est autre chose.

Quand vous parlez du diplôme qui est maigre: parlez-vous de celui des préparateurs ou celui des pharmaciens? Je rappelle que les préparateurs ne peuvent exercés que sous l'autorité d'un pharmacien: en pratqiue je vous l'accorde je n'ai jamais un préparateur faire vérifier sa dispensation. Néanmoins, dans ma pratique, et dans celle des collègues avec qui j'ai travaillé, j'ai remarqué que nous avions l'oeil à ce qui nous entoure. Ce n'est pas évident à tout moment, mais on a souvent une oreille qui treine à droite ou à gauche pour savoir ce qui se dit au comptoir à côté de nous et rectifier si nécessaire. Ensuite, concernant les préparateurs, leur "contrôle" et leur "autonomie", j'ai toujours travaillé avec des préparateurs qui s'arrêtaient de tavailler lorsqu'ils avaient un doute, un interrogation ,quand il ne savait pas répondre et qui venaient me chercher pour aide.
Concernant notre diplôme, je reconnais des insuffisances, cependant, je pense également que c'est à nous de nous former en formation continue et de trouver les bonnes formations. Pour revenir sur la formation universitaire, la personne qui m'a le plus apporté est le pharmacein hospitalier qui encadraient les stagiare de 5AHU et qui m'a appris 3 choses: à dire je ne sais pas, je me suis trompé, à ne pas me contenter du Vidal.

Concernant votre passage sur l'automédication, etc... je ne peux rien dire, car ne voulant absolument pas m'en occupé dasn ma vie professionnelle future, j'ai fuis... en bon lâche que je suis et peux affirmer de façon certaine que je ne serais jamais titulaire. Galien m'en garde!

Pour finir, je me permettrais juste de reprendre A Deccache qui a observé que les professions de santé, et de surcroit les pharmaciens, développent dans leur pratique suivant ce qu'il pense que l'action que l'action qu'il a envie de mener est de son rôle ou non. Ceci signifie que si un pharmacien pense qu'il est de son rôle de faire du dépistage à l'année de diabète dans son officine, il le fera. Cependant, cette action ne restera qu'individuelle car nous sommes une profession très individualisée! (Donc bien choisir son pharmacien...) Cette individualisation vient pour ma part du fait que nous ne nous considérons pas comme des soignants, tout bonnement puisque nous n'avons pas de culture soignante, c'est à dire pas de théorie du soin. (rendez vous compte que les infirmières en ont 12!). Si nous en avons 1: 8 points techniques et le 9e: "accompagner le patient" avec du vide théorique derrière. C'est pourquoi, avant de faire de l'éducation thérapeutique, devenons soignant (mais je ne dis pas par là que seul les soignants doivent faire de l'éducation thérapeutique, contrairement à A Grimaldi) c'est à dire développons une théorie du soin pharmaceutique qui tienne debout, mon âri étant qu'elle fédère ma corporation et change ses pratiques.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je viens de prendre connaissance de votre réaction à la suite d'un article paru dans le Moniteur.
Seriez-vous d'accord pour que nous la publions également dans notre revue.

Bien confraternellement

Thierry Philbet
Pharmacien
Rédacteur en chef
Le Moniteur des pharmacies

Jean-Didier a dit…

Cela aurait été avec plaisir! Mais je viens viesn juste de prendre connaissance de votre commentaire! Les aléas informatiques me laissent parfois pantois! Par contre il est sûr qu'il va falloir clarifier les définitons sous peu! Je reste à votre disposotion!

Torrent a dit…

Je découvre également votre blog et c'est vrai qu'il est très plaisant.

Nicolas a dit…

Excellent travail, je vous remercie de partager les astuces, et notez dans un premier temps que je suis entièrement d'accord avec vous ! J'insiste, votre billet est vraiment bon, le tout est très instructif... NB : Désolé si besoin pour les éventuelles fautes, n'étant pas francophone, j'ai utilisé Google Translate.