mardi 29 décembre 2009

A part critiquer, tu fais quoi? Hum... un DU?


"A part critiquer tu fais quoi?" Voici une critique facile mais certes vraie. Je tape en effet allègrement sur mes pairs et confrères. Cette remarque a eu le mérite de me faire prendre conscience que je n'avais pas expliciter mon état d'esprit. Je n'attends plus rien des pharmaciens d'officine; j'ai fait le deuil de l'exercice dont je rêve. Et comme tout deuil, j'ai eu ma phase de dépression et, en ce moment, je connais celle de la colère. J'avoue, j'ai fui. J’ai fui dans une nouvelle discipline, et je préfèrerai travailler sur les pratiques pharmaceutiques officinales… plutôt que de m’y confronter. Ce qui doit renforcer encore un peu plus votre répulsion pour mon insupportable arrogance.

Par contre je connais deux pharmaciens d’officine qui, eux, ont le mérite de croire encore à leur rêve. Ils participent tous deux au DU de Pharmacie de Clinique de l’Université Joseph Fourier de Grenoble. L’une est quasi titulaire de son officine de l’Ain et va perpétuer la tradition familiale dans une officine réputée pour sa qualité et son professionnalisme… des conditions rêvées. Le second force le respect et l’admiration : il traverse la France pour une semaine de cours, et n’est qu’adjoint. En d’autres termes, n’ayant sans doutes pas l’opportunité et la liberté d’exercer comme il l’entend (notamment quand on travaille dans une pharmacie de centre commercial) sa participation au DU concrétise véritablement une conviction profonde quant à l’existence d’un exercice pharmaceutique de qualité, et sa confiance en l’avenir de la profession !

Alors, oui, quand on a un peu de courage, on se forme et on traduit cette nouvelle façon d’appréhender la personne dans son officine. Alors oui, chapeau à eux deux !


crédit photo: franck@montreal-et-ailleurs.com

2 commentaires:

L. a dit…

Je viens de découvrir ce blog....Et je me régale!
En 6e année de pharma, je n'ai pas opté pour l'officine, mais comme de nombreux étudiants, j'y ai travaillé durant mes études...Tes billets sont criants de vérité et reflètent une passion pour le métier que beaucoup n'ont pas, malheureusement....De fait, l'image pharmacien épicier n'est pas toujours ursurpée....
et pas toujours évident de rester fidèle à sa conscience professionnelle!

Jean-Didier a dit…

Ce qui me frappe avec les étudiants en pharma, c'est qu'il n'est pas rare d'entendre qu'il seserait bon de nationaliser le médicament vigneté. Certains ne serait pas contre d'être des salariés de la sécu ou d'un NIH à la française; on pourrait d'ailleursimaginer que les pharmaciens soient intégrés à des centres de soins communautaires implantés dans les quatiers et les cantons. Cepedant, cette "fougue" disparait à l'entrée dans la vie active, il est serait intéressant d'en connaître la cause; d'autant que Deccache précise que le pharmacien est le seul acteur de santé à faire quand il veut.
Pour en finir je souhaiterais partager une anecdote grenobloise. Un reseau de soin de ville pour le diabète et a décidé d'intégrer le pharmacien d'officine au suivi educationnnel du patient. Les pharmaciens ont répondu favorablement à condition d'être rémunéré. On leur offre 39€ la consultation. En un an d'existence, aucun pharmacien ne s'est impliqué. Pourquoi?