vendredi 15 mai 2009

Ils vont faire la connaissance avec nos pieds, oui avec nos pieds!*

Le pharmacien coordinateur vient d'être rayé de la Loi HPST en seconde lecture au Sénat! Le pharmacien de coordination devait pouvoir renouveler périodiquement des traitements chroniques, ajuster au besoin leur posologie et effectuer des bilans de médications destinés à en optimiser les effets. Que l'ajustement de posologie fasse grinçer des dents... médicales, soit. Mais qu'il en soit de même pour le bilan de médication, non! Car cela revient purement et simplement à nous dire que nous n'avons plus à nous occuper des interactions médicamenteuses. Or cet article n'a pas été retiré du code de santé publique, lui!

Egalement rayé de la carte, le pharmacien comme éducateur de santé: donc si je prends une fois de plus au pieds de la lettre ce que viennent de dire les sénateurs, je n'ai plus à expliquer le fonctionnement d'un aérosol à un diabétique, les précautions innérantes aux anticoagulants, etc... Soit.

Donc en fait, ils résument notre activité à celle de simple logisticien et dispensateur du médicament; autrement dit: épicier du médicament. Je ne peux m'empêcher d'être ambivalent: triste et déçu car j'aime ce métier, je crois en ses possibiltés pour le patient et en colère contre mes pairs (non confrères désormais) qui dérivent de modèle bio-économique (déjà non satisfaisant à mes yeux) au modèle économique; vous noterez au passage que depuis l'attaque de Leclerc il y a un an, les panneaux promotionnels fleurissent dans les officines françaises: MEL a gagné, il nous a attaqué sur les prix, on a répondu sur les prix, nous avons décidé de jouer sur son terrain au lieu de modifier notre pratique en offrant autre chose, au lieu d'inventer une prise en charge pharmaceutique.

Vous éclairez cette suppression par le sénat par le décret du 4 avril dernier qui augmente le seuil à partir duquel un titulaire est obligé d'embaucher un pharmacien adjoint, autorisant l'emploi de personnel moins qualifié (la je vais prendre à travers la figure tous les préparateurs!) précipitant toujours plus vite la pharmacie française vers la prophétie sociologique des Drs. Cebe et Aiach annoncée en 1995 au colloque de Paris de l'Association Internationale de Sociologie: « Dans une version pessimiste et quelque peu caricatural de l’avenir, on peut imaginer le pharmacien [d’officine] pris dans un engrenage pouvant le mener à sa perte : avec la rentabilité de son officine laminée (par des mesures touchant les médicaments prescrits) obligé d’avoir recours à un personnel moins nombreux et moins qualifié tandis qu’il croulerait lui-même sous le poids des tâches administratives, contraint, pour assurer sa survie, à une dérive commerciale inévitable, il pourrait voir la part du temps qu’il est susceptible de consacrer au conseil et au contrôle des prescriptions se réduire dramatiquement, de telle sorte que la remise en question de la légitimité de son monopole se trouverait pleinement justifiée »


Le titre du billet est un clin d'oeil à l'hymne des pharmaciens (attention, âmes sensibles...)
*L' HYMNE DES PHARMACIENS
C'est nous les pharmaciens qui venons vous trouverDu fond des facultés pour vous administrerLes capotes, les forceps, la poudre à faire banderEt la vaseline Codex pour mieux faire pénétrerLa pine dans l'con comme un couteau dans l'beurreLes impuissants baiseront avec ardeur, avec ardeur !Et si quelqu'un nous traite d'épiciers, oui d'épiciersSon cul fera connaissance avec nos pieds, avec nos pieds.
REFRAIN :
Baisons, ma mère,Devant, derrière,Les p'tites pucelles,Les vieilles maquerelles,Les filles de rien,Les sales putains.C'est nous les pharmaciens !
Les littéraires sont des andouilles,Les P.C.B. sont des bizuths, oui des bizuths !Vingt carabins n'valent pas la couilleD'un pharmacien, c'est bien connu, c'est bien connu !
En marchant, en gueulant, en baisantC'est nous les pharmaciens...
Et quand plus tard dans nos boutiquesOn s'souviendra du bon vieux temps. du bon vieux tempsOù nous bandions raides comme des triques.C'était l'époque de nos vingt ans, de nos vingt ans.
Les pharmaciennes ont la peau douceElles épuiseraient un régiment, un régiment !Il la leur faut bien de six pouces,En largeur naturellement, naturellement !
Bien rembourrées devant, derrière,C'est le propre de nos consœurs, de nos consœurs !Un bon pilon dans la matièreNe remplace pas un bon baiseur, un bon baiseur !
Ainsi baisons à tour de rôleCa ne sort pas de la maison, de la maison !Si quelqu'un attrape la véroleLe 606 aura raison, aura raison !